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Voyager à Izu : hors des sentiers batus aux portes de Tôkyô

La péninsule d’Izu se situe dans la préfecture de Shizuoka, dans le voisinage direct du Mont Fuji et la région thermale d’Hakone. La péninsule est proche de Tôkyô mais de reste dans un autre univers. Pourtant facile d’accès Izu reste protégé des flux touristiques et offre une destination idéale pour qui cherche à sortir des sentiers battus.

On peut diviser la péninsule à trois parties possédant chacune leurs propres caractéristiques et points d’intérêts. 

 

  • La côte orientale (Higashi-Izu)

C’est sans doute la partie de la péninsule la facile d’accès, elle est directement reliée à Tôkyô ou Kamakura par une ligne JR qui fait le chemin en un plus d’une heure. On y accède par Atami, autrefois un grand lieu de rendez-vous des riches Tôkyôïtes, aujourd’hui une station balnéaire et thermale populaire. On y trouve d’onsens et des ryôkans anciens ainsi que des hôtels plus abordables.

Le long de cette côté, d’Atami à Shimoda en passant par Itô se trouvent des onsens anciens ou modernes, de très haut standing ou pour les bourses plus modestes. Les Japonais apprécient cette côte exposée aux courants chauds d’où l’on peut voir le panorama des îles Ogasawara à l’horizon. C’est aussi le lieu où se déroule le célèbre roman de l’écrivain nobélisé Kawabata : La danseuse d’Izu, dont les statues et les représentations sont omniprésentes.

C’est sur cette côte que l’on trouve Kawazu et ses cerisiers précoces qui fleurissent déjà au début du mois de mars, permettant de profiter des floraisons sans les foules habituelles. Plus au sud près de Shimoda les amateurs de plages pourront profiter d’une vaste plage de sable immaculée… totalement déserté, la plage de Shirahama.

 

Shimoda constitue la partie méridionale de la péninsule, c’est un petit port de pécheurs, endormi mais célèbre. C’est là qu’en 1853, les navires américains du Commodore Perry arrivèrent dans l’archipel pour en forcer l’ouverture et plonger le Japon dans la modernité. C’est au temple Ryosenji, lieu des premières négociations que l’on trouvera un musée retraçant ces moments cruciaux qui menèrent au Japon contemporain. Non loin de là les randonneurs pourront profiter du chemin entre plages et côte volcanique menant au cap Irozaki, la pointe extrême et isolée de la péninsule, balayée par les courants du Pacifique.

 

  • La côte occidentale (Nishi-Izu)

Nishi-Izu est moins développée par le tourisme et plus difficile d’accès, on y circule en bus ou en véhicule privé, mais c’est de loin la partie la plus spectaculaire de l’île. Le trajet remontant vers le Nord passe le long du cote volcanique accidentée et encore sauvage à couper le souffle. Les différentes éruptions volcaniques du passé ont taillé un littoral fait de falaises, de pitons et de plages noires qui ne sont que rarement troublées par les visiteurs.

En remontant cette côte des découvertes sont à faire, la rencontre avec les singes en liberté à Matsuzaki, les croisières en bateau de tourisme depuis Dogashima ou encore les anciennes mines d’or de Toi. C’est de Toi que l’on pourra prendre un ferry d’une heure vers Shizuoka en traversant la baie de Suruga. En traversant cette baie les visiteurs auront une vue imprenable du gigantesque Mont Fuji sortant des flots. C’est l’un des points principaux à retenir, la côté occidentale d’Izu offre quasiment en permanence un point de vue sur le Mont Fuji. C’est de là que les plus belles photos du volcan peuvent être prises.

 

 

 

  • L’intérieur des terres :

C’est évidemment la partie la plus isolée de la péninsule, très agricole on y trouve de charmant champs inondés de wasabi, la spécialité locale, que tous les amateurs de sushis connaissent. On y trouve cependant un station thermale réputée, Shuzenji, qui mérite le détour.

Shuzenji est liée au souvenir de Kobo Daishi, le plus célèbre saint homme du Japon, qui aurait fondé le temple local, Shuzenji, et ouvert les sources d’eau chaude locales au VIIIe siècle. On y trouve en outre la tombe du 2e shôgun de l’époque Kamakura qui y termina sa vie en exil. Autour du temple et des ryôkans se trouvent des chemins de promenade selon les saisons, le bois de cerisiers, de pruniers, d’érables et de bambous font que ces promenades restent belles et intéressantes pour chaque saison. On accède à Shuzenji depuis Tôkyô par un changement à Mishima pour un trajet total d’une heure et demi.

Il est inutile de préciser qu’avec autant de côte et de petits ports Izu est aussi réputée pour son poisson et ses sushis d’une grande fraicheur qui alimentent les tables de Tôkyô. Un séjour à Izu sera aussi une étape gastronomique.

 

La péninsule peut constituer une étape allant d’une à trois nuits sur le chemin entre Tôkyô et Kyôto et peut donner à un voyage une âme e une identité que l’on ne trouve pas ailleurs. Izu contentera les amateurs de nature, d’histoire, de religion, de gastronomie, de photographie et surtout les amènera dans un Japon plus authentique, proche de la mégalopole mais pourtant très loin de son agitation.