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L'Hokkaido, prochaine destination touristique au Japon?

My Japan Travels a constaté au cours de l’année qui vient de s’écouler un gain croissant d’intérêt pour l’île d’Hokkaido. Le JNTO, l’organisme du tourisme japonais, a réalisé de grands efforts pour faire connaître et promouvoir cette destination inattendue et le nombre de départs a nettement augmenté. Quelles raisons expliquent l’attrait croissant de l’Hokkaido ?

 

L’Hokkaido, une destination à part entière

Une première surprise a été de constater que parmi les groupes que My Japan Travels a envoyé en Hokkaido on pouvait compter 50% de personnes n’ayant jamais visité le Japon. Les membres de ces groupes ont consciemment choisi pour leur premier contact d’ignorer le traditionnel Japon central pour lui préférer une région plus périphérique. Parmi ces premiers voyageurs un quart ont été ensuite prêts à approfondir leur expérience du Japon par des extensions vers les destinations plus courantes comme Tôkyô et Kyôto.

Il faut donc conclure que l’Hokkaido attire en tant que tel et non comme destination réservée à des voyageurs ayant déjà fait l’expérience du Japon.

 

Pourquoi l’Hokkaido ?

On peut résumer l’attrait de l’Hokkaido en quelques raisons simples : les voyageurs faisant l’effort de venir dans l’île du Nord sont à la recherche d’une nature japonaise jugée plus intacte mais aussi d’un paysage culturel qui dispose de sa propre identité.

 

  • La nature

L’Hokkaido est la préfecture japonaise comptant le plus grand nombre de parc nationaux : Noboribetsu, Daisetuzan, Shiretoko, Akan, Wakkanai, pour ne citer que les plus connus. Même en dehors des parcs l’Hokkaido est une région relativement peu peuplée où les paysages naturels restent encore étendus donnant une véritable impression de terre neuve. Il n’est pas rare de croiser dans les paysages traversés des renards, daims, grues et autres rapaces, sans parler des ours qu’il vaut mieux ne pas rencontrer du tout.

C’est pourtant une nature ouverte et accueillante. Les parcs sont aménagés à la japonaise pour proposer des chemins de randonnées bien identifiés et entretenus qui permettent des promenades de plusieurs heures. On y trouve par ailleurs une forte activité volcanique qui offre des paysages sulfurés (Jigokudani, Iozan) et des lacs de cratères (Lac Masshû, Lac Tôya) qui sont visitables sans dangers.

L’Hokkaido est la terre d’élection des randonneurs et des amoureux de la nature au Japon.

 

  • Culture et histoire

Il ne faut cependant pas croire que l’Hokkaido soit une « Suisse japonaise » dont l’intérêt se concentrerait uniquement sur la nature, l’histoire et la culture de l’île sont un autre point fort de son attrait.

On ne trouvera certes pas des temples et sanctuaires anciens comme dans le reste du Japon. Le seul château japonais est présent à Matsumae, dans l’extrême Sud de l’île et fait figure d’exception dans le paysage de l’Hokkaido. Il s’agit d’une autre culture et d’une autre époque.

L’Hokkaido a été officiellement intégré au Japon après le début de l’époque Meiji dans la deuxième moitié du XIXe siècle et son histoire est celle de la colonisation japonaise de ces terres presque vierges et de leurs relations avec les habitants originels de l’île, les Aïnous.

La culture aïnou a souffert de cette colonisation et fait partie de ces peuples premiers dont la culture reste en danger. Cette culture de chasseurs-cueilleurs fascine  cependant par ses danses, son artisanat et ses traditions qui sont préservées et promues localement : le musée aïnou d’Hakodate, le musée des peuples du Nord d’Abashiri ou encore l’éco-musée Porotokotan sont autant de lieux pour se faire une culture et admirer les danses aïnoues, liées à une vision de la nature et des dieux très différente de celles des Japonais.

Hakodate et Sapporo, les grandes villes de l’île portent aussi de nombreux témoignages de cette époque coloniale où l’Hokkaido a été un « Far North » à conquérir. Hakodate porte aussi les traces du dernier bastion de la culture des samouraïs avec l’épopée éphémère de la République d’Ezo en 1869. Plus au Nord dans la région d’Abashiri, le site de l’ancienne prison offre une vision poignante de cet Extrême-Nord et ce qui fut l’Alcatraz japonais. Non loin de là, le parc de Shiretoko, par sa proximité avec les îles Kouriles rappelle les soubresauts de l’histoire japonaise contemporaine.

Que ce soit pour une découverte de la nature, de l’histoire ou encore de la gastronomie (l’île est aussi un des paniers à victuailles de l’archipel), l’Hokkaido permet de proposer des voyages aux thèmes variés et complémentaires.

 

Les saisons de l’Hokkaido

Située bien plus au Nord, l’île d’Hokkaido vit selon un calendrier différent du reste de l’archipel japonais, les saisons touristiques y seront décalées : la floraison des cerisiers interviendra ainsi au début de mai, un mois après le reste du pays, et les feuillages d’automne pourront être admirés dès e début d’octobre au lieu du mois de novembre. Cette différence pourra s’accorder plus aisément avec les périodes de départ en France.

L’été sera la haute saison de l’Hokkaido, c’est le moment où on pourra profiter pleinement des parcs et des chemins de randonnée que propose l’île tout en échappant à la chaleur étouffante que subit le reste du Japon à la même période. Les températures estivales varient selon les lieux entre 20°C et 25°C.

L’hiver est aussi une option à envisager, le mois de février concentre tous les festivals locaux dont les plus célèbres est le festival de sculptures de glaces de Sapporo et d’autres festivals comparables à Niseko et Sounkyo (village de glace). C’est aussi une saison à proposer dans l’éventualité de proposer des activités de sports d’hiver (motoneige, ski de fond, ski alpin). C’est enfin à cette période que les voyageurs pourront expérimenter les croisières en brise-glaces à Shiretoko ou l’observation de la reproduction des grues japonaises (tanchô) à Kusshiro.

 

L’Hokkaido est en tous points une destination en développement au Japon permettant de proposer une découverte d’une richesse et d’une variété inattendue.    


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